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television française.
Première chaine puis deuxième et troisième chaine de télévision. A l'époque pas
de Canal+, M6 ou autre France 4.
Le temps de diffusion était limité.1949:
création de la Radiodiffusion et Télévision française (RTF). Pierre Sabbagh
présente le premier journal télévisé (29 juin). Apparition des premières
speakerines et de la première redevance télévisuelle. Le JT devient quotidien en
octobre.- 1964: loi créant l'ORTF
- 1967: début des émissions en couleur
que pouvaient capter 1.500 téléviseurs couleur en service
- 1968: début des messages publicitaires
à la télévision (textile, alimentation et énergie)
- 1972: lancement de la troisième chaîne
en couleur
- 1974: éclatement de l'ORTF en six
entités
*'Office de Radiodiffusion-Télévision Française (ou ORTF) était un établissement public à caractère industriel et commercial, français en charge du service public de l’audiovisuel, créé le 27 juin 1964 (loi n° 64-621) et supprimé le 31 décembre 1974 (loi n° 74-469).
Le général de Gaulle souhaitait que la Radiodiffusion-télévision française (RTF) devienne une institution autonome, analogue à celles des autres grandes démocraties, comme la BBC au Royaume-Uni dont il avait personnellement éprouvé la valeur en 1940. Le statut de l'ORTF était donc calqué sur celui de la BBC.
Contrairement à la RTF qu'il remplaçait, l'ORTF n'est pas placé sous l'autorité directe du ministre de l'Information mais seulement sous sa tutelle afin de contrôler le respect de ses obligations de service public.
Le décret d’application du 22 juillet 1964 prévoit la nomination des membres de son conseil d’administration en Conseil des ministres. Ces membres (entre 14 et 28) représentent pour moitié l'État et pour moitié les auditeurs et télespectateurs. Le président de l'Office est nommé par le Conseil des ministres; le directeur général par décret en Conseil des ministres.
La loi n° 72-553 du 3 juillet 1972 prévoit la nomination du PDG de l'ORTF en Conseil des ministres, un service minimum en cas de grève et la constitution de régies. Ces régies, qui correspondent aux unités fonctionnelles de l'ORTF, sont créées par un arrêté de Philippe Malaud, secrétaire d’État chargé de la Fonction publique et des Services de l’information, le 21 juillet. Un Haut conseil de l’audiovisuel présidé par le Premier ministre, et comprenant des parlementaires et des personnalités représentatives est institué. Son rôle est consultatif et il intervient à la demande du gouvernement.
Lors de sa création, l'Office suscite de grands espoirs chez les professionnels de l'audiovisuel car le contrôle financier de l'État ne doit se faire qu'a posteriori, contrairement à la RTF, où le contrôle a priori bloquait tout projet d'envergure. Pourtant, le 22 juillet 1964, un arrêté du ministre des Finances, Valéry Giscard d'Estaing, institue un contrôleur d'État conservant les mêmes pouvoirs que le contrôleur financier de la RTF. De plus, le ministre de l'Information et le ministre des Finances sont chargés de contrôler le budget et les comptes. Chaque année, le Parlement inscrit dans la loi de finances la perception de la redevance pour droit d'usage des postes de radio et télévision.
Le 18 octobre 1967, un projet de loi relatif à l'introduction de la publicité, jusque-là monopole des journaux, à la télévision est présenté au Parlement. La publicité, limitée tout d'abord au journal de 20 heures ne doit pas dépasser 2, puis 4 minutes, avec des spots de 30 secondes maximum excluant le tabac, l'alcool et l'immobilier. Le 1er octobre 1968, la première chaîne diffuse les deux premières minutes de publicités télévisées en commençant par un spot pour la Vache Régilait. La Régie française de publicité, société anonyme filiale de l'ORTF, est créée par décret le 8 janvier 1969. Elle assure la régie de la publicité sur les antennes de l'ORTF dans le respect des intérêts fondamentaux de l’économie nationale et conformément à la mission générale dévolue à l'ORTF. En janvier 1971, la publicité commerciale est autorisée sur la deuxième chaîne. Les recettes provenant de la publicité commerciale sont limitées à 25% des ressources de l’Office par la loi n° 72-553 du 3 juillet 1972.
Un Service de liaison interministériel pour l’information (SLII) est crée le 31 juillet 1963 par le ministre de l'Information, Alain Peyrefitte. Sa mission est de rassembler les informations émanant des services des différents ministères pour en faire bénéficier en exclusivité l'Actualité télévisée et l'Information radiodiffusée. Les réunions du service sont présidées tous les mardis par Alain Peyrefitte et son bras droit, Jacques Leprette, qui ne manquent pas de rappeler à l'ordre les représentants des différents ministres lorsque ceux-ci tentent de donner aux journalistes des directives plutôt que d'exposer des faits. Les successeurs d'Alain Peyrefitte n'assistent plus aux réunions et, sans contrôle, le SLII se fonctionnarise et se transforme alors en chambre d'enregistrement des volontés ministérielles. L'Office est entièrement contrôlé par le ministère de l'Information via ses hauts fonctionnaires placés à des postes clés. Discrédité après les évènements de mai 1968, le SLII est remplacé le 2 décembre 1968 par le Comité interministériel pour l’information (CII) qui assure notamment "la coordination de l’action d’information menée par les différents ministères".
Pour la première fois; la loi n° 64-621 précise les missions de l'ORTF : "satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public".
L'ORTF étrenne le spectaculaire bâtiment construit en bordure de la Seine au 116 avenue du Président-Kennedy dans le 16e arrondissement de Paris par l'architecte Henry Bernard et inauguré le 14 décembre 1963 par le président de la République, Charles de Gaulle. L'enceinte circulaire de la Maison de l'ORTF faite d'aluminium et de mosaïque est coiffée d'une tour de verre. Dans ce bâtiment de 25 000 m2 s'installent sur onze kilomètres de couloirs et plusieurs niveaux la Direction générale, les services administratifs et techniques et la radio.
Ces locaux, qui comptent plus de soixante studios d'enregistrement, sont toutefois mal adaptés aux nécessités de la télévision qui reste finalement dans son berceau historique au 13-15 rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement de Paris. La télévision disposait tout de même de deux studios situés au rez-de-chaussée de la Maison de l'ORTF, et notamment le mythique studio 102.
Le 1er octobre 1967 à 14 h 15, la deuxième chaîne de télévision passe du noir et blanc à la couleur.
Le 16 septembre 1969, lors d'un discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre, exprime le souhait d'organiser une compétition véritable entre les deux chaînes de télévision, afin d'"informer complètement c’est-à-dire contradictoirement", et assurer l’autonomie de l’ORTF. Cette nouvelle orientation de la politique audiovisuelle se traduit par la création de deux unités autonomes d’information. La première est dirigée par Pierre Desgraupes, la seconde par Jacqueline Baudrier. À partir de janvier 1970, les deux chaînes de télévision sont dotées de directions distinctes.
La commission d’études du statut de l’ORTF, présidée par Lucien Paye, premier président de la Cour des comptes, remet le 30 juin 1970 son rapport au Premier ministre. Il recommande la création d’une chaîne régionale de télévision, "qui couvre l’ensemble du terrritoire et réponde aux mêmes exigences de qualité que la télévision nationale", et la transformation des services de fabrication et de diffusion en "unités fonctionnelles distinctes".
A l’occasion d’une conférence de presse, le 2 juillet 1970, le président de la République, Georges Pompidou, déclare que l’« information doit être libre...indépendante ...et impartiale » et rappelle aux journalistes de l’ORTF que leur parole « engage la France ».
De 1971 à 1974, Marc Gilbert anime l'émission Italiques et demande à Folon et Ennio Moriconne de faire le générique qui restera célèbre.
La troisième chaîne est créée directement en couleur le 31 décembre 1972 et diffuse tous les soirs les décrochages régionaux en même temps que la première chaîne et la deuxième chaîne. Vers 1973-1974, la couleur a commencé à s'introduire dans les programmes régionaux de l'ORTF (Rennes, Nantes, Lyon...), avec le passage à l'enregistrement magnétique des reportages, auparavant tournés en film 16 mm noir et blanc (avec bande son magnétique séparée).
Il faudra attendre la privatisation de TF1 en 1987 pour voir disparaître les émissions régionales sur les deux premières chaînes, FR3 ayant complété son réseau de relais, allant même jusqu'à offrir deux éditions régionales au choix sur un même centre émetteur (Niort, pic du Midi, Aurillac, Limoges etc).